|
Voici maintenant une semaine que nous sommes au Danemark. Ce pays a commencé par me surprendre et était assez incompréhensible jusqu’au moment où je me suis un peu renseigné sur son histoire et son économie. Au premier abord, je me suis senti agressé par le côté “tout est parfait” du pays: les grandes routes larges avec pistes cyclables, chacun sa jolie petite maison, les voitures qui roulent doucement, pas de cris, pas de bruit. Je n’arrivais pas à comprendre où étaient les gens (ce pays a une surface similaire à la suisse et est peuplé de 5 millions d’habitants contre 7 en Suisse). J’avais le sentiment d’arriver dans un pays que les habitants ont quitté pour un temps. Tout semblait trop grand par rapport aux besoins. parenthèse économiqueEn étudiant un peu l’économie du pays, j’ai appris que le Danemark avait un PIB par personne active de 92’000 USD contre 90’500 en Suiste1 en 2006. C’est le pays le plus riche de l’union européenne et ça se voit. La question qui vient alors est “d’où vient cette richesse ?” Il n’y a pas de pétrole, je ne suis pas au courant d’un secteur high-tech spécifiquement danois et le tourisme ne semble pas être massif. La réponse passe par le blé, le cochon et le tourisme entre autres. Eh oui, le rendement du blé et des autres céréales au Danemark est meilleur qu’en France2. Je n’aurais pas pensé qu’un pays situé au nord de l’Allemagne puisse être un exportateur de céréales. D’après ce que j’ai compris, l’agriculteur danois est un des plus efficace au monde. ![]() Ainsi le pays produit de la richesse principalement grâce à ses super agriculteurs et les richesses sont bien redistribuées3. On notera aussi que les impôts danois sont surtout basés sur la TVA et les impôts sur le revenu et la fortune et non sur des taxes sociales payées par les employés ou les employeurs4 contrairement à la France ou à la Suède. Ce système semble bien fonctionner puisque le risque de pauvreté est faible. En regardant le graphique ci-contre, on peut calculer le rapport entre l’investissement social et le résultat (diminution du risque de pauvreté): il faut tracer une droite depuis le coin en bas à droite vers le pays. Si la droite ainsi créée est presque plate: le retour sur investissement est très bon. Si la droite est très raide, c’est pas terrible. A ce petit jeu, la France et l’Angleterre se valent et les pays nordique sont à égalité avec l’Espagne. Dans ce dernier cas, seul l’investissement réel est déterminant. violence par le vide![]() Bon tout ça pour dire que le Danemark est un pays qui semble très bien fonctionner. Oui, mais j’ai le même sentiment désagréable qu’en Suisse: tout est trop bien réglé, ça finit par faire peur. On a le sentiment de vivre dans un bocal. Là, c’est vrai, je suis en vacances, je ne connais rien au pays dans lequel je suis. Je ne sais qu’une chose: j’ai emporté mon sentiment de violence par le vide: moins de danger, moins de dérangements et moins de risque finissent à mes yeux par aboutir à moins de vie. Je crois que je suis habitué à un certain bruit et je me sens perdu dans le silence organisé de nos pays frileux. Je ne veux pas insinuer que des systèmes moins regardant des mal lotis soient meilleurs, c’est juste la distance limite entre les gens, entre les maisons, entre toi qui me gène et moi qui suis ici qui est trop grande. Ce sentiment n’est pas facile à accepter lorsque toute notre culture semble tendre vers cet idéal de risque zéro, de perfection paysagère. Peux-t-on se positionner en porte-à-faux par rapport à une utopie aussi largement partagée, du moins en apparence ? Il faut que j’approfondisse toute cette question de violence par le vide, c’est encore très confus. Retour aux vacances. voyage dans le temps![]() Il était une fois une époque où la question de notre rapport différé au réel ne se posait pas: la douleur était là, les choses étaient telles qu’elles étaient et s’imposaient par leur poids, leurs histoires et l’histoire de leur fabrication. Cette époque d’artisanat, de fabrications de main d’homme, nous l’avons vécue, le temps d’une journée au sein du village médiéval proche de Nykøbing. Ce lieu a quelque chose de magique. Des gens (volontaires) s’activent en habits d’époque dans les rues d’un petit village, construisant un balais, forgeant une pièce de porte, cousant un gant. On a même pu assister à un jet de pierre avec une grande machine (trébuchet) et à un tournoi de chevaliers avec des chevaux qui font caclop caclop quand ils galopent. Il y avait aussi une forge dont le bruit m’a rappelé à quel point j’avais aimé la présence des artisans dans les rues de Fès au Maroc. natureAvant-hier, nous avons fait une balade à vélos. Il y avait plein d’éoliennes et de très beaux paysage avec un vent d’enfer. ![]() plageEt hier, nous étions à la plage… ![]() 1 source IMD 2 source eurostat 3 source inegalites.fr 4 source eurostat |
documents |